Suite à la visite du Pape, je me suis replongée dans mes photos de la cathédrale de Metz que nous avions visité en 2021.
Je ne me souviens pas d'avoir fait d'article concernant ce bel édifice.
Bien que sa construction, commencée vers 1235-1240, s'étale sur trois siècles, la cathédrale présente une grande homogénéité de style : les critères stylistiques furent respectés à chaque campagne de construction.
La cathédrale de Metz est non seulement la cathédrale de France ayant la plus grande surface vitrée, près de 6 500 m2, mais également celle qui présente les plus grandes verrières gothiques d’Europe. Quant à la hauteur de ses voûtes, elle n'est surpassée en France que par les cathédrales de Beauvais (inachevée) et d'Amiens.
La cathédrale Saint-Étienne de Metz, comme la plupart des cathédrales de France, est propriété de l'État.
La cathédrale fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 16 février 1930[2]. Comptant parmi les dix cathédrales les plus fréquentées de France, elle fait partie depuis 2014 du bien « Metz Royale et Impériale », inscrit sur la liste indicative française du patrimoine mondial de l'UNESCO.
La construction de la cathédrale actuelle fut peut-être voulue par l’évêque Conrad de Scharfenberg, en même temps que les cathédrales de Reims (1211), de la toute proche Cathédrale de Toul (1210-1220), du Mans (1217), d’Amiens (1221). Seule la nef ottonienne fut à cette époque détruite, jusqu’au niveau des fondations, le chevet et le transept, ainsi que Notre-Dame-la-Ronde, étant épargnés. De cette première campagne de construction datent les parties basses des murs de la nef et les bases des supports d’arcades.
Sous l’épiscopat de Jacques de Lorraine (1239-1260), le parti de l’élévation fut modifié. L’élan gothique devait l’emporter devant toute autre considération. C'est donc aux alentours de 1240 que débutent les travaux de l'édifice gothique actuel, d'abord une première campagne concernant les nefs collatérales en style gothique primitif, puis un nouveau plan pour la nef principale en style rayonnant.
Dans le dernier quart du XIIIe siècle, une claire-voie est ménagée au niveau du triforium, sous les fenêtres hautes. La construction de celles-ci, de style gothique rayonnant, s’achève dans le premier tiers du XIVe siècle. Pour récolter de nouveaux fonds, la confrérie de Sainte-Marie et de Saint-Étienne est créée vers 1330. Le financement de la fabrique est aléatoire, et provoque l’arrêt du chantier à plusieurs reprises. Il dépend, en effet, des dons des fidèles, des ventes d’Indulgences, des prébendes vacantes du Chapitre ou des largesses de l’évêque.
En 1356, l’empereur Charles IV venu à Metz pour promulguer la Bulle d’or qui définit le protocole électoral des empereurs est reçu en la cathédrale de Metz.
Le choix de réaliser des œuvres d’art contemporaines suscite à rebours des résistances. Le chapitre cathédral, « exprime l'appréhension que ces réalisations trop hardies et un mélange hétéroclite de styles risqueraient de "désaffecter" notre cathédrale, et de la transformer en une sorte de musée d'art comparé, un "corps sans âme". » Il « note avec satisfaction que le remplacement des vitraux de cette chapelle [Notre-Dame-la-Ronde] par du vitrail moderne, qui ne s'impose nullement, est abandonné par l'administration des monuments historiques.
Pourtant en 1960 est confiée à René Bissière la création de verrières au niveau des baies des portails des tours du chapitre et de la Mutte. Ces vitraux, relativement discrets, sont la première œuvre non figurative installée dans une cathédrale en France.
Après avoir réalisé en 1957 ses premiers vitraux, Chagall accepte de travailler à la cathédrale de Metz, d’abord pour deux baies du déambulatoire (1958), puis celle du transept et enfin du triforium (1968). Il faudra cependant attendre la fin de la grande rétrospective de l’ensemble de l’œuvre de Chagall au Grand Palais où elles sont exposées pour qu’elles puissent être définitivement installées en 1970.
Le rôle d’architecte en chef restaurateur-créateur est progressivement remis en cause à la fin des années 1970-80, l’initiative de la création relevant à partir de 1981 du domaine de compétences de la Direction des arts plastiques du ministère de la culture.
Le temps postconciliaire entraîne une transformation de l'espace liturgique et repense les lieux de la parole et de la consécration : réaménagement du chœur, conquête du transept et recherche de simplicité. Il se transcrit dans la cathédrale par l’abandon de l’autel XIXe pour un aménagement temporaire (1970 puis 1987). Le concours lancé en 2000 pour le mobilier liturgique est remporté par le designer Mattia Bonetti. Il affirme dignement la nouvelle liturgie en proposant un dialogue entre création contemporaine et mobilier existant, dont la cathèdre sans doute des IVe – Ve siècles devient une des pièces clés. Ce projet est cofinancé par l'État pour les parties maçonnées, l'Œuvre et le clergé pour le mobilier liturgique.
L'édifice présente un ensemble cohérent mais qui témoigne de trois siècles d'édification, pendant lesquels le style gothique a connu de nombreuses évolutions. La nef est des XIIIe et XIVe siècles, ère du gothique rayonnant reconnaissable par ses vastes verrières, comme la verrière occidentale de la cathédrale, tandis que le transept et le chœur n'ont été élevés qu'un siècle plus tard, dans une période de prédilection du style flamboyant, qui a été propice à l'édification des « murs vitrés » du transept (inspirés par ceux de la cathédrale de Toul).
La cathédrale de Metz a la particularité de ne pas posséder de « façade harmonique » à la manière des autres grandes cathédrales gothiques de France (comme à Reims, Paris ou encore Toul), c'est d'ailleurs grâce à cette façade singulière qu'a été possible la réalisation de la grande verrière. Ainsi la cathédrale n'a qu'un seul portail sur sa façade principale.
Je pense que mon prochain article sera de vous faire découvrir les statues et décors qui ornent l'extérieur de la cathédrale.
a bientôt